Née d'une collaboration avec le chercheur Sebastian Santiago Urioste, l'installation Lucioles interroge les formes d'engagement politique que peuvent déployer les communautés de fans de K-pop, en prenant pour point de départ un objet clé de cette culture le Lightstick. Ce bâtonnet lumineux, emblème brandi lors des concerts, cristallise à lui seul toute l'ambivalence d'une culture de fans à la fois festive et revendicatrice.
Objet commercial par excellence, le lightstick se transforme ici en vecteur de rassemblement, traversé par des usages aussi bien récréatifs que politiques et sociaux. Lucioles explore comment une large part de la communauté K-pop s'est approprié sa propre culture — ses codes, ses rituels, mais aussi ses outils numériques comme les mèmes ou les dynamiques virales d'internet — pour se rassembler et porter des causes collectivement.
Le visiteur pénètre dans une forêt de lumières. Lightstick en main, il déambule au milieu de dizaines de bâtonnets rassemblés en bosquets d'une dizaine d'unités, qui matérialisent chacuns un événement politique ou social précis, ancré dans une temporalité et une géographie particulière. Chaque constellation lumineuse devient ainsi la mémoire silencieuse d'un moment de mobilisation, d'une voix collective qui a su transformer ses propres références culturelles en outil de revendication.
Born from a collaboration with researcher Sebastian Santiago Urioste, the installation Lucioles examines the forms of political engagement that K-pop fan communities can deploy, taking as its starting point a key object in this culture: the lightstick. This luminous baton—an emblem held aloft at concerts—crystallizes the full ambivalence of a fan culture that is at once festive and activist. A quintessential commercial product, the lightstick is transformed here into a vector of gathering, shaped by uses that are simultaneously recreational, political, and social. Lucioles explores how a large part of the K-pop community has appropriated its own culture—its codes and rituals, but also its digital tools such as memes and the viral dynamics of the internet—to assemble and collectively champion causes. The visitor enters a forest of lights. With a lightstick in hand, they move among dozens of batons clustered in groves of around ten units, each one materializing a specific political or social event anchored in a particular time and geography. Each luminous constellation thus becomes the silent memory of a moment of mobilization—of a collective voice that has managed to turn its own cultural references into an instrument of protest.
Œuvre conçue en collaboration par l’artiste Arthur Baude et le chercheur Sebastian Urioste (laboratoire PoLiCÉMIES, La Rochelle Université). Création exclusive du Festival ZERO1, rendue possible grâce à un partenariat avec La Rochelle Université. Cette création s’inscrit dans le cadre du projet EXCELLR (PIA 4 « Excellences sous toutes ses formes ») et est financée dans le cadre de France 2030.
Developed as a collaboration between artist Arthur Baude and researcher Sebastian Urioste ( PoLiCÉMIES research unit, La Rochelle Université). An exclusive creation for the ZERO1 Festival, made possible through a partnership with La Rochelle Université. This work is produced within the framework of the EXCELLR project (PIA 4 “Excellence in all its forms”) and is funded under France 2030.
Arthur Baude est passionné par l’image sous toutes ses formes.
Issu d’une formation de designer graphique, il rencontre sur son chemin le collectif La Main, avec qui il a pu élaborer le versant artistique de son travail.
Dans le même temps, il apprend en autodidacte l’électronique interactive. Cette expérience lui ouvre le monde des fablabs et autres maker spaces où il fait ses armes sur les machines de fabrication numérique.
Il utilise cet éventail technique pour concevoir et fabriquer des machines et installations poétiques qui n’auraient pas lieu d’être dans un environnement industriel. Ses travaux s’articulent autour de deux thèmes principaux :
la création de micro univers qui occupent l’espace par la lumière et la création de machines sensibles.
Particulièrement intéressé par les possibilités qu’offrent les systèmes alternatifs de création et de projection d'image, il cherche à détourner leurs usages, trouver de nouvelles manières de créer du visuel et de fixer celui-ci sur des supports variés. Pour cela, il construit des dispositifs à l’allure de monstres mécaniques qui s’opposent aux dispositifs lisses et cloisonnés que nous utilisons au quotidien.
Il navigue entre différentes disciplines (art numérique, art vidéo,design interactif, vidéo live...) et différents milieux (art numérique, VJing, art vivant, communauté maker). Il vadrouille entre les hacker spaces, fablabs et lieux de création artistique, puisant son inspiration et mêlant les influences de ces différents milieux.