White Dwarf’s Lullaby est une composition chorale minimaliste qui explore l’enchevêtrement des humains, des machines et de la nature à une époque marquée par l’accélération technologique et la crise environnementale. Inspirée par la notion de making kin de Donna Haraway, l’œuvre invite à une forme d’écoute qui accueille l’hybridité plutôt que l’exceptionnalisme humain. Le titre renvoie à l’origine stellaire du carbone et imagine une berceuse collective adressée à notre source cosmique commune. La pièce combine trois strates sonores : un enregistrement de terrain réalisé au cimetière de Bukit Brown à Singapour, une polyphonie d’unités industrielles de climatisation, et une voix humaine brute. S’appuyant sur des traditions chorales orales du Minho, de la Corse et de la Sardaigne, la voix s’élargit progressivement grâce à la réverbération et au delay pour devenir un chœur hybride et multi-espèces. La composante visuelle se déploie sous la forme d’un environnement minimaliste et génératif qui réagit à cette structure sonore, produisant des formes fluides et métalliques qui se transforment lentement en réponse au son. Ensemble, son et image créent un champ audiovisuel contemplatif où le minimalisme devient une esthétique de la lenteur et de l’attention, en résistance à la logique de l’économie de l’attention.